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Pseudo: Nicolas MerletCatégorie: ActualitéFais tourner ce blog!
Mercredi 21 Mai 2008

Allez c'est reparti, 7h00 et il faut que je trouve déjà l'énergie d'avoir envie de pisser, mais bon dieu qu'a t'elle donc pour vouloir systématiquement que mon système urinaire soit un lève-tôt?

Oh! en fait je sais, j'ai eu le malheur, une fois, rien qu'une toute petite fois, au début de notre relation d'exprimer une envie pressante à l'heure ou les premiers camions poubelles croisent les derniers fêtards et depuis je suis voué à m'alléger entre 7h et 7h30. Seul répit, c'est quand sa fille vient, alors là, je n'existe plus, je ne compte plus, toutes les attentions sont fixées sur elle, elle est toute chamboulée ma pauvre Pépette, eh oui je l'appelle Pépette, mais si elle le savait, elle rentrerait dans une rage folle, je suis persuadé qu'elle ne raffole pas des "petits noms" que l'on a tendance à attribuer lorsque l'on aime!

 

Donc ma pauvre Pépette part en dérapage complet dés que sa "fifille" débarque chez elle, il faut dire que "le Colonel" n'est pas des plus détendu! Elle impose, râle, exige de ma pauvre "Pépette" si tranquille habituellement des colonies d'efforts, qu'il y a bien longtemps qu'elle a abandonné au profit de petits plaisirs autrefois volés et désormais parfaitement assumés. Elle n'a pas son pareil pour récupérer un morceau de pain dans la panière a l'arraché, laisser tomber sa cendre où bon lui semble ou encore, bonheur incommensurable, se coucher et se lever à l'heure qu'elle veut...sauf bien sûr le matin pour ma torture quotidienne!

 

Quoi qu'il en soit lorsque le Colonel est là il faut ré-enfiler en urgence toutes ces vieilles habitudes conventionnelles qui ont fait son éducation et ses repères. Mais de moins en moins "la Pépette" y arrive, les mauvaises (mais si bonnes) habitudes reprennent le dessus et sont martelées par les cris, mimiques et remarques de notre joyeuse gradée. Joyeuse, car en fait quand elle vient, le Colonel, moi je le sens c'est du bonheur pour elle, et sous aspect bourru, elle ne fait que reconstruire à l'infini tout ce qui a bercé le bonheur de son enfance. Alors moi au passage je récupère tout son trop-plein d'amour. Et là je ne vais pas m'en plaindre, elle est d'une attention particulière qui me procure une entière satisfaction : mots gentils, geste doux voir tendres, gourmandises à profusion tout est fait pour mon bonheur...

 

Et en plus, je joue le jeu de "l'escalade" (quitte à être malhonnête!) je fais en sorte que sa mère vienne se rajouter à cette cascade de gentillesses et je double ainsi mon quota d'amour. Je suis le plus fort dans la manipulation de la gente féminine et cela fait 11 ans que ça dur. Il faut dire que j'ai tout fait pour leur permettre de m'aimer, des années de souffrances sur les circuits de compétition à suer sang et eau, résultat un corps athlétique, qui aujourd'hui encore reste tout à fait convenable, un mental d'acier, qui a tendance à faiblir un peu avec le temps, mais il ne faut quand même trop m'en compter, sinon mes origines des grandes steppes, pourraient bien faire ressortir les grandes qualités de mes ancêtres chasseurs de loups!

 

La vie est plutôt douce pour moi, jais réussi à obtenir sur le temps un statut bien à part, qui me met à l'abri de beaucoup de choses et en tout premier de ma gourmandise maladive, qui m'amène à voler. Au début il a fallu que je protège mes abatis, car "la Pépette" n'était pas des plus tolérante quand je "déboisais" ses provisions dés qu'elle avait le dos tourné. Mais sur le temps, par dépit, au terme de long regard langoureux, de dos rond et de bassesses immondes j'ai fini par obtenir ma tranquillité ou presque. Il est entendu que je peux commettre tous mes larcins en échange de quelques cris et parfois d'une petite main levée. Il est à remarquer que "le Colonel" à la main plus leste que sa mère...ce doit être une question d'âge et d'engourdissement!! , mais que je ne dois sous aucun prétexte "dépecer" un repas en cours de préparation, c'est acté et s’il m'arrive de l'oublier, je suis rapidement rappelé à l'ordre.

 

Mais ma gourmandise me joue des tours et parfois de vilains, il n'y pas trois jours je découvre dans la cuisine un très jolie petit bonbon très attrayant et appétissant, je jette un regard circulaire professionnel de droite à gauche avec mon unique oeil, hélas l'autre à été emporté par la maladie et l'âge, je mets mon ouie aux aguets, rien ...alors je gobe immédiatement ce bonbon et là....rien, enfin rien durant la demi-heure qui suivi, ensuite je commençais à me sentir fébrile, fatigué, flageolant, le cœur au bord des lèvres. Inquiet je me suis décidé à essayer d'aller trouver refuge auprès de ma protectrice, mais à peine arrivée dans le couloir de l'entrée, ma tête s'est mise à tourner, mes jambes se sont dérobées et j'ai senti un liquide sortir de ma bouche, je me suis affalé sur le sol et...plus rien, impossible de me mouvoir, j'envoie l'information à mes membres, mais aucun ne répond, mais que m'arrive-t-il? Ça y et je suis paralysé, en fait j'ai fait une attaque, c'est comme ça je crois que l'on appelle un malaise cardiaque pour les vieux! Une attaque, ben me voilà bien! Une pauvre loque dépendante en totalité du bon vouloir de la "Pépette" et du "Colonel" mon enfer va commencer bien plus tôt que ma mort. Oui je ne me fais aucune illusion quant à mon peu de chance de me retrouver au Paradis, ni même au purgatoire, donc j'irais directement visiter l'Enfer de ceux qui ne peuvent s'empêcher d'aimer la nourriture!

 

Allongé, inerte sur le lit du Colonel, je ne fais plus qu'entendre... c'est la panique, le branle-bas de combat, mes adoratrices sont en effervescence et en plein émoi, vais-je mourir? Qu'ais-je? Doit-on m'emmener vers un service médical? Doit-il venir à moi? Mais enfin ne pourraient-elles pas paniquer sans parler à haute voix je vais finir par m'inquiéter pour moi, quand même!

 

Ca y est, elles ont statué, l'expert médical leur a demandé d'attendre jusqu'à demain matin pour voir mon évolution. Je ne sais pas comment je dois le prendre? Je trouve que l'on fait peu cas de moi dans cette histoire, et dans un même temps elles ont mis en place une véritable machine de guerre pour me tenir en vie. Elles sont même aller jusqu'à solliciter "le Maître", celui que l'on ne dérange pas de peur de l'ennuyer dans son travail harassant et important, celui que l'on reçoit avec sollicitude et attention, celui qui vient quand il veut, mais surtout celui à qui je voue une dévotion toute particulière, car c'est lui qui m'a recueillie et installer dans ce foyer chaleureux qui est le sien alors que j'étais voué à disparaître happer par les affres de la vie. Et bien même lui à assurer de sa disponibilité permanente et à souhaiter qu'on le tienne au courant de mon état.

 

Que c'est bon de se sentir aimer, que c'est bon de se sentir protéger, quelle merveilleuse vie de chien m'est offerte, quel chien heureux je suis...

 

Au fait rappelez-moi la prochaine fois de ne pas manger d'anxiolitique, je ne les digère pas très bien!!

 

publié par Nicolas Merlet dans: nmerlet
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